001

2018➛2019

Les erreurs

En  Les erreurs is made of dozens of used erasers, collected in artist studios, that were melted into thin layers. Collecting the remains of accidental, unintentional gestures , deletions in the creative process, is a way to question artist’s perception about their individual perfection.

Fr  Cette série fut réalisée suite à une longue collecte de gommes usagées, dans de multiples ateliers, académies, et écoles. A travers ce matériau, Florence Laprat s’est interrogée sur la notion de perfection dans la perception individuelle de l’artiste. La gomme usée porte encore les traces de ce que l’on a voulu enlever d’un dessin, d’une peinture parfois, à la recherche d’un idéal esthétique propre à chacun. Il s’agissait donc ici de construire une oeuvre rassemblant les erreurs, ratures et retraits d’autres oeuvres. L’objet même de l’effacement apparait imprégné d’imperfections, comme tant de restes d’une digestion mentale et plastique. Le fait même de présenter cet objet comme une oeuvre d’art est une tentative de matérialiser la contingence absolue des notions d’oeuvre et d’esthétique.
Exhibitions ▸ En piste, La Boverie, Liège, Belgium / 13 x 18, Cdlt Gallery, Liège, Belgium / Prix Découverte, Centre d’art du Rouge Cloître, Brussels, Belgium / Graduation Show La Cambre, Espace Vanderboght, Brussels, Belgium
Les erreurs, 2018 Erasers on plexiglas, Variable dimensions
Special Thanks to Cdlt Gallery, Moonens Foundation, Philippe Moonens, and the team of Centre d’art du Rouge Cloitre, Marguerite Barroux, Charlotte Brunet, Maria d’Alimonte, Gerard Laprat

002

2019

Ancolie



En  Ancolie is a living piece created in Brussels in 2019 by three artists; Emmanuel Abiteboul, Florence Laprat, Loup Lejeune. There were three shows featuring six performers, a musical soundscape and a moving set. These shows took place at the Moonens Foundation, a former
night club converted into an artist residency.


Fr Ancolie est une performance créée en 2019, à Bruxelles par trois artistes; Emmanuel Abiteboul, Florence Laprat, Loup Lejeune. Il y eut trois représentations mettant en scène six performeurs, une bande son créée pour l’évènement et une scénographie en mouvement. Ces performances ont eu lieu à la Fondation Moonens, une ancienne boite de nuit convertie en résidence d’artiste.

Je vais bien.
Il ne reste rien de mes territoires
De mes festins de graisse colorée
Ils ne m’ont laissé qu’une parcelle
Viens te nourrir de sommeil,
De boutons de nacre éternellement polis
Au bord des rivages de plomb
Je bronze sous les soleils factices
Une goutte d’ancolie suffit

Exhibitions ▸  Ancolie, Moonens Foundation
Collectif Vitrine (Emmanuel Abiteboul, Florence Laprat, Loup Lejeune)
Ancolie, 2019
Mixed media
Thanks To Philippe Moonens, Moonens Foundation, Alain Vanderhofstadt, Tessa
Dixson, Manon Anglade, Helen Piot, Hortense Tillet, Sarah Ber, Agathe Bertin, Alice Pallot,
Theodore Famery, Maxime Mathieu, Jamil Gaspar, Naomi Waku

003

2015

Babylone

En  Babylone is a piece exploring the tracks of past civilisations, and questioning the historical truth of an artefact. This installation made of ashes and clay is inspired by the ancient city of Pompei and what is still considered as one of world’s seven wonders, the Babylone gardens. Archeologists and historians never proved the existence or exact location of this garden, although it is present in literature. I tried with this piece to build the remains of this garden, as if it had finally been discovered.

Fr  La littérature parle des jardins de Babylone comme l’une des sept merveilles du monde. Leur description apparait dans les textes d’auteurs grecs et romains mais leur existence reste contestée encore aujourd’hui. Des confusions et imprécisions ont d’ailleurs été relevées dans ces textes, ce qui rend presque impossible une reconstitution de ce site. Ce jardin, réalisé en cendres et argile questionne la naissance du mythe dans l’imaginaire collectif ainsi que la nature probante de l’artefact archéologique.
Exhibitions ▸ Prix Médiatine, Centre culturel de la Mediatine, Brussels, Belgium
Babylone, 2015
Ashes and clay,
Variable dimensions
Special Thanks to La Médiatine, Moonens Foundation, Gerard Laprat

004

2015➛2019

Souvenir du monde

En Souvenir du monde is a serie made of softly sanded newspaper, leaving only an unreadable information of famous events. This work portrays the singularity of one’s memory, in opposition to worldwide diffusion of what medias decided to be our collective memory.

Fr  Souvenir du Monde est une série de photographies découpées dans le journal Le Monde selon un processus systématique et quotidien. Chaque image est poncée partiellement jusqu’à ce que seuls quelques élements soient encore visibles. Ces images, symboles d’une mémoire collective imposée par les médias et renforcée par la diffusion du médium photographique sont effacées, ce qui les rend alors uniques. Les évènements retrouvent alors une existence dans la mémoire individuelle de chacun.
Exhibitions ▸ Close up, Jewish Museum of Belgium, Brussels, Belgium
From me my shadow, Moonens Foundation Brussels, Belgium
Souvenir du Monde,
2015-2019
Sanded newspaper
42 x 30 cm
Special Thanks to Philippe Moonens, Moonens Foundation, Dhondt Dhaenens Museum, Gerard Laprat. A piece of this serie will be sold at the Dhondt Daenens Museum Auction in Ghent, 2020

005

2016

Les limbes du pacifique



En This picture was taken during a performative action taking place in an art school library. Florence Laprat turned all the books to leave the white spine apparent. This work was led by a reflexion on the discursive imperative that art education tends to impose. Referencing and documenting our work means in a way, a negation of chance in the creative process. Performing in a library was a way to introduce chance in our cultural background itself, as an attempt to reach John Locke’s utopic blank state.

Fr  Pour cette installation in situ dans une bibliothèque universitaire, Florence Laprat a retourné tous les livres dans le sens inverse, laissant la tranche apparente. Ce geste fait référence à l’ouvrage de Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique réintéerprétant Robinson Crusoe de Daniel Defoe. Contrairement au déroulement du roman de Defoe, Robinson décide, lors de l’arrivée du navire occidental, de demeurer sur l’île, renonçant au retour vers sa vie antérieure. Cette installation s’inscrit comme une volonté de désorientation culturelle, d’effacement des acquis littéraires. Les étagères blanches et muettes deviennent alors un horizon vierge, un lieu de perdition et d’oubli. Une incitation presque ludique se dégage de cette tentative de désapprentissage, poussant l’observateur à saisir un ouvrage au hasard. 

Exhibitions ▸ Graduation Show La Cambre, Brussels Belgium
Les limbes du pacifique, 2016
Books, Variable dimension
Special Thanks to Régine Carpentier and La Cambre Library of Art and Architecture, Sarah Boom, Boris Baum, Virginie De Villers

006

2018

Ylem

En Ylem is an egg made of dust that Florence Laprat collected in her studio year after year. This material usually banished is growing day after day and witnesses an ever-changing process and the trace of an intimate daily life. Mixed with wax, the dust becomes an egg which symbolises changes of states, metamorphosis but also birth and beginning. The egg is regularly melted and reconstituted with the newly collected dust. It grows through tim. Ylem is the name used by Aristotle to describe the fundamental substance from which the matter is born.

Fr  Ylem est un oeuf réalisé avec la poussière de l’atelier de Florence Laprat, qu’elle a récolté d’années en années. Cette matière que l’on chasse habituellement s’accumulant au fil des jours est le témoin d’un processus en constante évolution, la trace d’un quotidien intime. Mélangée à de la cire, la poussière devient alors un oeuf symbole d’un état inconstant, d’une métamorphose mais également de la naissance et du commencement. L’oeuf est détruit puis reconstitué régulièrement avec la poussière nouvellement récoltée. Il grossit donc au fil du temps. Ylem est le nom donné par Aristote à la substance fondamentale d’où procédait toute matière.
Exhibitions ▸ Prix Découverte du Rouge Cloitre, Centre culturel du Rouge Cloitre, Brussels, belgium
From me my shadow, Moonens Foundation, Brussels, Belgium
Ylem, 2018
Studio dust, wax
Variable dimension
Special Thanks to Gerard Laprat, Maxime Fauconnier

007

2019

Move your future, think different, drive your dream

En Move your future, think different drive your dream is bouquet of white roses on which Florence Laprat tattooed logos of Fortune Global 500 companies. The Fortune Global 500 classifies the richest and most powerful companies in the world. The flowers wilt with time, the logos fade and the petals come off. This environmentally oriented work is a metaphor of ephemerality of material power, and illustrates the trace of man on its environment.

Fr  Move your future, think different drive your dream est un bouquet de roses blanches sur lesquelles sont tatoués les logos des entreprises appartenant au classement du Fortune Global 500. Ce classement reprend les entreprises les plus puissantes au monde. Les roses fanent au fil des jours, les logos s’effacent et les pétales se détachent. Cette oeuvre à vocation écologique, témoigne par le biais d’une métaphore de l’éphémérité de la puissance matérielle, et illustre l’empreinte de l’homme sur son environnement. 
Exhibitions ▸ Purl Stitch, Galerie La Confiance, Brussels, Belgium
Move your future, Think different, Drive your dream, 2019
White roses, ink
Variable dimensions
Special Thanks to Theodore Famery, Philippe Moonens, Charlotte Brunet

008

2019

La folle du bal

En La folle du Bal is inspired by a dancing party organised by a psychiatric institution in Paris in 1887. The bourgeoisie and doctors were invited to the event where the patients were dressed up for the show. This crual tradition led Florence to create a reversible costume. On each side is printed a calendar. She wanted to portray the ambiguity of the costume which could be part of our daily life but also a disguise according to the day it is worn.

Fr La folle du bal est inspirée du bal des folles, organisée par l’hôpital de la Salpetrière en 1887. La bourgeoisie ainsi que des personnalités du corps médical assistait à ce bal où les patients étaient invités à se déguiser le jour de mardi gras. Florence Laprat a créé une robe sur laquelle sont inscrits les jours du calendrier en noir sauf le jour du bal qui est en rouge. La robe est réversible. A l’intérieur se trouve un autre calendrier, inversé lui aussi. Tous les jours sont en rouge, sauf le jour du bal qui est ici en noir. L’idée était d’illustrer le fait que le costume quel qu’il soit, fait partie de notre quotidien et sont statut devient ambigu lorsqu’il est porté à une date précise. La norme devient alors l’exception, le spectateur en vient à se demander, qui se déguise réellement.
Exhibitions ▸ Trouble Fête, Galerie Cdlt, Liège, Belgium
La folle du bal, 2019
White dress, flock coating
Variable dimensions
Special Thanks to Marguerite Barroux, Cdlt gallery

009

2019

Peintures

Il serait tentant de chercher dans les peintures de Florence Laprat des éléments figuratifs. Vue du ciel, cartes, coupes topographiques, silhouettes ou corps qui s’entremêlent... Les possibilité d’interprétations sont si nombreuses que vite, l’envie de saisir s’épuise. On acquière alors une liberté de ressentir.

D’abord, elle travaille sur papier. Elle peint puis efface, ponçant la feuille. La fin du geste est
déterminée par les limites de la matière : l’artiste ne s’arrête qu’au bord de la destruction. S’abandonnant à ne pas décider, elle ne lève pas le pinceau, mais se plie à la seule limite posée par son support.

Les peintures sur toiles, elles, viennent répondre au dessin en complétant la démarche. Le refu de la représentation est au cœur du processus, puisqu’elle découpe la silhouette d’objets et de personnes utilisés comme pochoir sur la toile. Les pochoirs se font évocations, évocations qui s’amoindrissent irrévocablement sous des aplats de couleurs. Dès les premières intentions, la volonté allusive est là : pas d’éléments figurés, uniquement leurs idées. Si l’effacement subsiste, l’artiste tente sur la toile de peindre sans effacer, d’appréhender la matière dans sa positivité. Le processus se fait plus franc ; ce qui nous apparait, c’est l’affirmation de l’artiste : cette fois-ci, elle termine l’œuvre-elle-même. La toile devient le témoin d’une capacité à faire des choix. La sensation d’effacé s’apaise, et au spectateur il ne manque plus rien, ni éléments de compréhension, ni figuration.

Texte de Eva Anna Maréchal
Black Out, 2019
150 x 110 cm
acrylic, oil and pigments on paper


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